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La méthode
l’histoire vraie derrière ce roman

1910, Constantinople, 100 000 chiens errants, et un Français formé chez Pasteur qui doit trouver comment tous les éliminer. Spoiler : ça part très mal.

Par La rédaction 1 min de lecture

Photo — Unsplash (licence Unsplash)

Le pitch de ce livre paraît trop énorme pour être vrai. Sauf que si — c’est une histoire réelle, et presque personne n’en parle.

Ce que ça raconte

Constantinople, 1910. Paul Remlinger, médecin français formé au laboratoire de Louis Pasteur, dirige depuis dix ans l’institut antirabique de la ville — un poste bien plus ennuyeux qu’il ne l’imaginait, coincé dans les lenteurs administratives ottomanes. Un jour, le directeur de l’hygiène publique lui propose de participer à l’extermination de cent mille chiens errants. Paul, malgré ses doutes, y voit une occasion de servir la science. La suite, c’est l’histoire de comment une décision « logique » et « scientifique » tourne au cauchemar méthodique.

Pourquoi ça marche autant

David Djaïz est essayiste de formation — c’est son premier roman. Et pourtant l’écriture est déjà très maîtrisée. Le vrai sujet du livre, ce n’est pas les chiens : c’est comment un homme rationnel, « juste en train de faire son travail », peut glisser vers l’horreur sans jamais avoir l’impression de mal faire. Ça préfigure clairement les pires trucs du XXe siècle qui vont suivre, et le bouquin le fait comprendre sans jamais te faire la morale.

LE DÉTAIL QUI GLACE : Paul Remlinger a vraiment existé. Il a vraiment dirigé cet institut à Constantinople. L’extermination s’est vraiment terminée par la déportation de dizaines de milliers de chiens sur un îlot désert, où ils se sont entredévorés par manque de nourriture. Rien de tout ça n’est inventé.
Le vrai sujet n’est pas les chiens. C’est comment on glisse vers l’horreur sans jamais avoir l’impression de mal faire.

En deux mots : Glaçant, très documenté, et difficile à lâcher.

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