Les Évadées, partie 2
Marc Levy s’énerve, et ça lui va bien
Deux jumelles séparées, Interpol au Vietnam, un laboratoire de Boston où la science dérange. Le roman le plus politique de sa carrière — et il n’a pas prévu de s’en excuser.
Illustration — image de synthèse (Nora Éditions)
Trois semaines après la première partie, Marc Levy referme son diptyque. Et il faut le dire : on ne l’attendait pas là. Son vingt-huitième livre est aussi le plus frontal qu’il ait écrit.
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Ce que ça raconte
Deux sœurs jumelles, du caractère à revendre, séparées très tôt par la vie et que le hasard finit par remettre dans la même histoire. Cécile est à Interpol : son enquête l’emmène au Vietnam, où de jeunes diplômés en informatique seraient retenus de force pour faire tourner des arnaques en ligne. Olivia est chercheuse dans un centre scientifique de la côte Est américaine, et regarde monter un pouvoir qui aimerait beaucoup que la science se taise. Sa supérieure, Molly, lui propose d’entrer dans un réseau de résistance. Lyon, Boston, Paris, Singapour — on voyage, mais pas en vacances.
Ce qu’on en a pensé
Le découpage en deux volumes n’était pas prévu : l’auteur raconte qu’arrivé à quatre cents pages, il n’était qu’à mi-chemin de son histoire. Ça s’entend — la deuxième partie ne traîne pas. Levy précise que son roman est politique « pas au sens des partis », formule prudente pour un livre où un réseau cherche à exposer les dérives du mouvement MAGA. On le lit comme on lit Levy : vite, et en tournant les pages plus longtemps que prévu. La différence, cette fois, c’est qu’on referme en ayant envie d’en parler à quelqu’un.
Deux sœurs, deux continents, et la même question : jusqu’où on se tait quand se taire devient confortable.
En deux mots : Du Levy, en plus remonté. Prévoyez la nuit.