Leïla Ferhat, cinquante ans de peinture
Née à Mascara en 1939, morte à Oran en 2020. Élève d’Issiakhem et de Mesli, elle a quitté l’enseignement en 1975 pour ne plus faire que peindre — et n’a presque jamais peint autre chose que des femmes.
Le Musée d’art moderne et contemporain d’Oran, qui conserve ses œuvres — photo Kingdz16, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
Leïla Ferhat est morte le 22 juillet 2020 à Oran, à 81 ans, après une longue maladie. La presse algérienne l’a saluée comme la doyenne des plasticiennes oranaises : elle peignait depuis un demi-siècle.
Oran, puis Alger
Leïla Ferhat naît en 1939 à Mascara. Elle se forme à l’École des beaux-arts d’Oran, dont elle sort diplômée en 1969, puis rejoint l’École des beaux-arts et d’architecture d’Alger, où elle travaille en 1971 sous la direction de deux peintres qui comptent alors parmi les plus importants du pays : M’hamed Issiakhem et Choukri Mesli.
Elle enseigne ensuite les arts plastiques à Alger, de 1972 à 1975. Puis elle arrête.
Le choix de 1975
Arrêter d’enseigner pour peindre n’a rien d’évident, surtout pour une femme, dans l’Algérie des années soixante-dix. Elle le fait pourtant : à partir de 1975, elle se consacre entièrement à son travail. Peinture, aquarelle, encre, gouache, pastel, et de la céramique — elle ne s’est jamais tenue à un seul matériau.
Son sujet, dans ses mots
C’est la ligne de toute son œuvre, et elle traverse les manières : des paysages, des scènes de la vie quotidienne, la maternité, les traditions algériennes, traités tantôt dans un réalisme franc, tantôt à la limite de l’abstraction. Ce sont presque toujours des femmes qui font quelque chose — pas des modèles posés, des femmes occupées.
Les salons, les prix, les voyages
Elle expose à partir de 1967 en Algérie, puis en France, en Afrique du Nord, au Japon, en Allemagne, au Québec et aux Émirats arabes unis. Elle reçoit deux fois le Grand Prix de peinture d’Alger, en 1977 et 1979, la médaille d’or du salon international de Riom en 1980, celle du Puy-en-Velay en 1982.
Où voir son travail
Ses œuvres sont conservées au Musée national des beaux-arts d’Alger et au Musée d’art moderne et contemporain d’Oran, dont on voit la façade en tête de cet article. En ligne, sa notice et plusieurs de ses toiles sont visibles sur AWARE — Archives of Women Artists, Research and Exhibitions, qui documente les artistes femmes du XXe siècle.