600 détenus vont juger le Goncourt
Pendant que Paris s’agite autour des 16 romans en lice, les mêmes livres circulent dans 45 prisons françaises. Ce qu’est le prix Goncourt des détenus, et pourquoi il existe depuis cinq ans maintenant.
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Le 2 septembre, l’Académie Goncourt a dévoilé sa première sélection de seize romans pour l’édition 2026 du prix littéraire le plus attendu de l’automne. Ce qu’on sait moins : la même liste, les mêmes seize livres, circulent en ce moment même dans 45 établissements pénitentiaires français, où près de 600 personnes détenues vont les lire, en débattre, puis élire leur propre lauréat.
Une initiative qui existe en parallèle du prix officiel depuis cinq ans, et qui fait vivre la lecture derrière les murs.
Comment ça fonctionne
Le prix Goncourt des détenus est porté par le Centre national du livre, en lien avec le ministère de la Justice, sous le patronage de l’Académie Goncourt elle-même. Le principe : donner à des personnes incarcérées l’opportunité de devenir de véritables jurés littéraires, avec plusieurs mois de lecture, des rencontres avec les auteurs en lice et de vraies délibérations, exactement comme pour le prix historique.
Le coup d’envoi a été donné le 3 septembre, lors d’une rencontre à la maison centrale de Poissy entre l’académicienne Paule Constant et des détenus impliqués dans le projet. Il s’agit de la cinquième édition depuis la création du dispositif en 2021.
Le calendrier jusqu’au verdict
En parallèle, le calendrier du Goncourt officiel suit son cours classique : une deuxième sélection est attendue le 6 octobre, une liste de quatre finalistes le 27 octobre, avant la proclamation du lauréat le 3 novembre, dans la tradition du restaurant Drouant à Paris.
Ce que ça change vraiment
Ce n’est pas qu’un symbole. Selon les témoignages recueillis dans les précédentes éditions, le dispositif propose aussi des cercles de lecture toute l’année, pas seulement pendant la période du prix. Les jurés détenus qui défendent leur choix vont jusqu’à préparer des arguments pour les délibérations régionales — certains bénéficient même de permissions de sortie pour y participer en personne.
Les 16 romans en lice cette année
Parmi les auteurs sélectionnés cette année : Philippe Jaenada, qui tourne autour du Goncourt depuis dix ans avec "L’inconnue du quai de Javel" ; Lilia Hassaine avec "Je" ; Yannick Haenel, Anne Godard, ou encore le primo-romancier haïtien Thélyson Orélien pour "C’était ça ou mourir". Les seize ouvrages proviennent d’éditeurs aussi variés que Gallimard, Grasset, Minuit, P.O.L, Actes Sud ou L’Iconoclaste — une diversité qui montre la vitalité de cette rentrée littéraire, malgré les difficultés bien réelles que traverse le secteur du livre.
Le lauréat du Goncourt des détenus 2026 sera connu après les délibérations nationales du 15 décembre — plusieurs semaines après le verdict du prix officiel, le temps que les échanges dans chaque établissement arrivent à leur terme.