Le nouveau festival international du raï
Oran accueille désormais un tout nouveau Festival culturel international de la chanson raï, pendant que Sidi Bel Abbès retrouve son rendez-vous historique. Ce que change cette réorganisation, quatre ans après l’entrée du raï à l’UNESCO.
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Le ministère de la Culture et des Arts a annoncé fin juillet une réorganisation qui change la carte des grands rendez-vous raï en Algérie : la création d’un tout nouveau Festival culturel international de la chanson raï, qui se tiendra désormais chaque année à Oran, pendant que le Festival culturel national du raï retrouve sa ville d’origine, Sidi Bel Abbès.
Deux festivals, deux rôles bien distincts
Nouveau rendez-vous annuel, pensé comme une vitrine mondiale du raï. Réunit artistes, chercheurs et professionnels venus d’Algérie et de l’étranger, avec un objectif de recherche et de rayonnement international.
Retour à son ancrage historique, considéré comme l’un des principaux foyers de naissance du genre. Délocalisé exceptionnellement à Oran depuis 2022, il réintègre sa ville d’origine.
Deux commissaires ont été nommés pour porter chacun de ces événements : Houssam Eddine Harzallah dirige la première édition internationale à Oran, tandis que Narjes Zerhouni prend en charge le retour du festival national à Sidi Bel Abbès.
Pourquoi maintenant
Cette réorganisation ne sort pas de nulle part. Le raï a été inscrit en 2022 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO — une reconnaissance qui engage l’Algérie à structurer davantage la préservation et la transmission du genre. La création d’un festival spécifiquement tourné vers l’international répond directement à cet engagement.
Au-delà des concerts, un vrai chantier de mémoire
Le nouveau festival ne se limite pas à la programmation de concerts. Il ambitionne de devenir un espace de transmission, de recherche et de documentation autour du raï — ses origines dans l’Oran des années 1920, ses transformations à partir des années 1960 avec l’arrivée de nouveaux instruments, et les multiples influences qui ont façonné le genre au fil des décennies.
Une ville qui coche déjà toutes les cases
Le choix d’Oran n’a rien d’un hasard. La ville a été distinguée en 2026 par le New York Times dans sa liste des destinations à visiter absolument — seule ville d’Afrique et de la région retenue cette année-là. Entre le fort de Santa Cruz, le quartier de Sidi El Houari et son front de mer en pleine transformation, Oran cumule déjà les arguments touristiques. Un festival international du raï vient renforcer cette dynamique plutôt que la créer.
Deux villes, deux mémoires du même genre musical — l’une tournée vers le monde, l’autre vers ses racines.
Reste à voir comment cette première édition internationale prendra forme concrètement — programmation, dates précises, invités — mais le signal envoyé est clair : le raï change d’échelle institutionnelle, quatre ans après son entrée dans le patrimoine mondial.