Djanet, capitale mondiale de la préhistoire
Du 19 au 24 octobre, l’Algérie lance la première édition d’un festival entièrement dédié à l’art rupestre — porte d’entrée sur le Tassili n’Ajjer, l’un des plus grands sites de peintures et gravures préhistoriques au monde.
Gravure rupestre du Sahara — Unsplash (licence Unsplash)
Du 19 au 24 octobre 2026, la wilaya de Djanet accueille la première édition du Festival international de l’art rupestre en Algérie. Placée sous le haut patronage du ministère de la Culture et des Arts, dirigé par Dr Malika Bendouda, cette manifestation culturelle, scientifique et artistique vise à mettre en lumière l’un des patrimoines les plus riches et les moins connus du grand public : les milliers de peintures et gravures qui couvrent le Tassili n’Ajjer.
L’art rupestre du Tassili couvre plusieurs milliers d’années d’histoire humaine, avec des styles qui se succèdent et racontent chacun une époque différente du Sahara : des scènes de chasse et de grands animaux aujourd’hui disparus de la région, des figures humaines aux coiffes rondes de la période dite "des têtes rondes", puis plus tard des scènes pastorales avec des troupeaux de bœufs, et enfin des représentations de chars et de cavaliers datant de l’arrivée du cheval dans la région. C’est cette diversité, accumulée sur des millénaires en un seul lieu, qui rend le site aussi exceptionnel aux yeux des chercheurs.
Pourquoi Djanet, et pourquoi maintenant
Le choix de Djanet ne surprendra personne : la wilaya est la porte d’entrée du Tassili n’Ajjer, considéré comme l’un des sites d’art rupestre les plus importants au monde. Ses milliers de peintures et gravures témoignent de différents aspects de la vie sociale, économique et spirituelle de populations installées dans la région durant des millénaires — un témoignage rare sur l’évolution du Sahara, passé d’une savane verdoyante peuplée d’animaux aujourd’hui absents de la région à l’immensité désertique qu’on connaît aujourd’hui.
Un patrimoine qui dépasse le seul Tassili
Le festival ne se limite pas au Tassili n’Ajjer. L’Algérie recèle une diversité d’expressions artistiques rupestres réparties dans plusieurs régions du pays, notamment au sein de ses différents parcs culturels — faisant du pays un espace d’une importance majeure pour l’étude de certaines étapes de l’histoire de l’humanité et de son évolution.
Les préparatifs sur le terrain
À quelques semaines de l’ouverture, les préparatifs s’accélèrent localement. Le wali de Djanet, Mohamed Moumen, a reçu le commissaire du festival, Abdellah Bouguendoura, pour faire le point sur l’avancement logistique et organisationnel de cette première édition — un événement d’envergure internationale à préparer dans une région du grand Sud, avec toutes les contraintes logistiques que ça implique.
Infos pratiques
Un festival né directement des motifs qu’il célèbre — jusque dans son affiche et son logo.
Pour une première édition, l’ambition est claire : transformer un patrimoine exceptionnel mais encore trop méconnu en un vrai espace de connaissance, d’échange et de développement culturel et touristique pour tout le grand Sud algérien.