La nouvelle génération à l’Opéra d’Alger
Un chorégraphe de la maison, 25 danseurs du ballet national, une histoire d’identité racontée en quatre actes. "Rihla" incarne le tournant générationnel que traverse en ce moment l’Opéra d’Alger.
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Depuis le début de l’année, l’Opéra d’Alger "Boualem Bessaïh" multiplie les signaux d’un vrai renouvellement générationnel — moins de reprises classiques, plus de projets portés par de jeunes artistes de la maison elle-même. Le symbole le plus net de ce mouvement s’appelle "Rihla" (voyage), un spectacle chorégraphique présenté cette année devant un public nombreux.
Un chorégraphe formé dans la maison
"Rihla" est signé par Ayoub Nasrellah Belmehel — danseur au sein même du ballet de l’Opéra, lauréat du premier prix Ali Maâchi en 2019, et déjà présent dans de nombreux festivals avant cette création. Plutôt que de faire appel à un nom extérieur, l’Opéra a confié l’écriture, la mise en scène et la chorégraphie à l’un de ses propres artistes.
Le spectacle raconte le "voyage initiatique" d’un jeune artiste, Rahal, en quête de ses racines et de son identité — une trame qui traverse la mémoire collective algérienne à travers quatre tableaux successifs.
Entre ces tableaux, danse contemporaine et folklore algérien se mêlent, sur une musique traditionnelle et populaire exécutée en off, avec des costumes conçus par Zoubida Kebar pensés pour incarner visuellement chaque étape du voyage.
Porté par de très jeunes talents
Sur scène, le comédien-conteur Nasser Soudani crée un espace de poésie en interaction directe avec les danseurs, aux côtés d’Amel Faiza. Mais le cœur du spectacle reste le corps de ballet : 13 danseurs et 12 ballerines du Ballet national de l’Opéra d’Alger, pour la plupart de jeunes artistes de la maison, engagés sur un projet nécessitant trois mois de préparation intensive.
Un mouvement plus large qu’un seul spectacle
"Rihla" n’est pas un cas isolé. Le directeur de l’Opéra, Mourad Senouci, a confirmé qu’un second projet chorégraphique était déjà en préparation, avec un lancement prévu en septembre. En parallèle, la programmation régulière de l’institution multiplie les soirées consacrées à de jeunes chanteurs et musiciens, aux côtés des grands noms confirmés du patrimoine musical algérien.
Un voyage qui n’est pas seulement géographique, mais aussi intérieur — empli de découvertes et de transformations.
Que ce mouvement se confirme avec le prochain projet chorégraphique annoncé pour septembre, ou qu’il reste ponctuel, "Rihla" a déjà prouvé une chose : l’Opéra d’Alger peut produire une œuvre ambitieuse sans faire appel à des signatures extérieures — juste en faisant confiance à ses propres jeunes talents.