La dinanderie désigne le travail du cuivre et du laiton battus. En Algérie, elle vit dans les ateliers de Constantine, de Tlemcen et d’Alger, où le métier se transmet par apprentissage, à côté du maître, pendant des années.
De la feuille à la forme
Tout commence par une feuille de métal. Le dinandier la travaille au marteau sur des enclumes de formes variées, en la faisant tourner sous les coups. Le métal s’étire, s’épaissit par endroits, prend peu à peu sa courbe.
Il faut le recuire régulièrement, car le cuivre martelé à froid durcit et finirait par se fendre. Le passage au feu lui rend sa souplesse, et le travail reprend. Une grande pièce demande ainsi plusieurs journées et des dizaines de milliers de coups.

Le décor
La forme obtenue, le décor se grave ou se cisèle : motifs géométriques, entrelacs, végétaux stylisés. Chaque ville a son répertoire, et un œil exercé situe une pièce à ses seuls motifs. L’argenture ou l’étamage viennent parfois recouvrir le cuivre, pour l’usage alimentaire autant que pour l’éclat.
Ce qui sort de l’atelier
Les grands plateaux d’abord, souvent la pièce maîtresse d’un atelier et l’objet sur lequel un artisan se juge. Puis les aiguières et les bassins liés aux usages du service, les coffrets, les brûle-parfums et les lanternes qui découpent la lumière.

Reconnaître une belle pièce
Le cuivre battu à la main garde la trace des coups, une surface légèrement vivante que la production industrielle ne reproduit pas. L’épaisseur du métal se sent au poids. La finesse du décor et la régularité du ciselage disent le temps passé.
Poser deux pièces côte à côte suffit généralement à faire la différence, et c’est ce qui donne toute sa valeur au travail des ateliers. Le métier tient par cette transmission patiente, et par les clients qui savent la reconnaître.