Cinéma

« Carrie » : que vaut la nouvelle série face au film culte ?

Carrie White arrive sur Prime Video, et Mike Flanagan a déplacé le roman de Stephen King à l'air de 2026. L’humiliation n’est plus un souvenir de vestiaire...

Par La rédaction 2 min de lecture Mis à jour le 7 octobre 2026


Carrie White a dix-sept ans et n'a jamais mis les pieds dans un lycée. Sa mère lui faisait classe à la maison. C'est la mort de son père qui ouvre la porte et qui la pousse dehors, un matin, dans un couloir plein de gens qu'elle ne connaît pas.

Chez Stephen King, en 1974, Carrie était la souffre-douleur de sa ville depuis l'école primaire. Chez Mike Flanagan, elle arrive de nulle part. Elle ne sait rien. C'est ce qui rend la suite si rapide.

Lire le roman, voir la série

Le calendrier fait bien les choses : la nouvelle traduction de Jean Esch paraît en poche le jour de la sortie de la série. C'est la première retraduction française depuis 1976.

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Le Livre de Poche, 304 pages, 9,40 €. La traduction de Jean Esch, parue le 7 octobre 2026.
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Cette fois, les filles filment

Le roman s'ouvrait sous la douche : Carrie découvre ses premières règles, très en retard, et ne comprend pas ce qui lui arrive. Ses camarades lui jettent des serviettes hygiéniques. L'humiliation était totale, mais elle tenait dans un vestiaire.

Dans la série, elles filment et elles postent. La vidéo sort du gymnase, sort de la ville, et revient vers Carrie par tous les écrans à la fois. On peut quitter un vestiaire. On ne quitte pas une vidéo qui circule.

Stephen King a vu la série et l'a validée. Interrogé par Marie Claire, il le dit sans détour : « Mon livre et le film parlaient de sang et d'horreur. La série de Mike Flanagan nous plonge dans l'horreur… des réseaux sociaux. »

Sa mère n'est plus seulement un monstre

Sur la page, Margaret White est une fanatique sans nuance : un placard, des prières, une ceinture. La série prend le temps de chercher ce qui l'a conduite à enfermer sa fille. Samantha Sloyan en fait quelqu'un dont la peur a une histoire. Ce n'est pas une excuse, c'est une explication, et ce n'est pas la même chose.

Tout n'est pas gagné. Le roman était court et sa forme faisait la moitié du travail : King y mêlait le récit et de faux rapports d'enquête rédigés après le drame. La série abandonne ce dispositif pour huit heures de narration classique, et s'invente d'autres femmes au même pouvoir — alors que la force de Carrie tenait à son isolement.

En 1974, l'humiliation s'oubliait. En 2026, elle s'archive.
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