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Bien-être

Grève du 29 septembre : ce qu’on met dans son sac

Toute la fonction publique est appelée à la grève mardi. Si tu y vas, ou si tu dois seulement traverser la ville, voilà ce qui change la journée.

Par La rédaction 7 min de lecture

Photo — Jirath Ninchaikovit / Unsplash

Mardi, toute la fonction publique est appelée à la grève — l’État, les collectivités, les hôpitaux. C’est rare : tous les syndicats appellent ensemble, CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-HP, ce qui n’arrive pas tous les ans. Ils demandent une revalorisation du point d’indice, celui qui sert à calculer les salaires des fonctionnaires, son indexation sur l’inflation, et des moyens pour les services publics. La date n’est pas choisie au hasard : les débats sur le budget s’ouvrent quelques jours plus tard.

Des défilés sont prévus dans toute la France. Que tu y ailles ou que tu doives simplement traverser la ville, la journée ne ressemblera pas aux autres. Voilà le côté pratique, celui dont personne ne parle.

Si tu dois juste aller travailler

Commence par regarder ta ligne la veille au soir, pas le matin dans l’escalier. Les opérateurs publient leurs prévisions la veille vers 17 heures, et c’est le seul moment où l’information est à peu près fiable.

Et prévois de marcher. Pas « au cas où » : vraiment. Les jours de grève, le trajet qui prend vingt minutes en prend cinquante, et la dernière partie se fait souvent à pied parce que le bus est plein trois arrêts avant le tien. Ce qui nous amène directement au vrai sujet de cet article.

Les chaussures. C’est tout.

On te parlera de banderoles, de slogans, de convictions. Personne ne te dira que la journée se joue sur ce que tu as aux pieds.

Une manifestation, ce n’est pas une promenade : c’est debout, puis trois mètres, puis debout à nouveau, pendant des heures, sur du bitume. Ce rythme-là fatigue plus qu’une vraie marche. Les chaussures neuves sont à proscrire absolument, les talons n’en parlons pas, et les semelles fines se font sentir vers la deuxième heure.

LE TEST DE LA VEILLE : Mets les chaussures que tu comptes porter et fais le tour du pâté de maisons. Si quelque chose frotte au bout de cinq minutes, ça te fera pleurer au bout de trois heures. Change-en. C’est le conseil le plus ennuyeux de cet article et c’est aussi le seul dont tu te souviendras mardi soir.

Le téléphone meurt vers 14 heures

C’est une loi. Tu prends des photos, tu envoies des messages, tu cherches où est passé le cortège, et surtout ton téléphone s’épuise à chercher du réseau au milieu de milliers d’autres qui font pareil. Une batterie qui tient trois jours en temps normal rend l’âme au milieu de l’après-midi.

Or c’est précisément le moment où tu en as besoin : pour retrouver les gens, pour rentrer, pour savoir si ta ligne remarche.

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Une batterie externe
Celle-là, on l’a testée : elle ne quitte plus le sac. Vingt-cinq mille milliampères-heures, de quoi recharger un téléphone plusieurs fois dans la journée et un ordinateur portable au passage. Plus lourde qu’un modèle de poche, forcément — c’est le prix de ne plus jamais y penser. Vérifie quand même qu’elle est chargée : c’est le classique.
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Et le réseau, lui, ne meurt pas : il sature

Les messages partent avec dix minutes de retard, les appels ne passent pas, et la carte ne se charge plus. Ce n’est pas ton forfait, c’est l’antenne qui ne suit pas.

D’où le conseil que donnent tous les habitués : fixez un point de rendez-vous physique avant de partir. Une adresse, un café, un angle de rue, et une heure. Pas « on s’appelle sur place » — sur place, on ne s’appelle pas.

L’eau, et pourquoi les magasins sont fermés

Sur le parcours d’un défilé, beaucoup de commerces baissent le rideau par précaution. Tu peux marcher longtemps sans croiser un endroit où acheter une bouteille. Et il fait encore doux fin septembre, ce qui trompe : on boit peu, on marche beaucoup, et on finit avec la tête qui tourne.

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Une gourde isotherme
Un demi-litre en inox brossé, étanche, qui garde l’eau fraîche vingt-quatre heures — et le thé chaud douze. Une marque française, et un objet qui ne s’écrase pas au fond du sac comme une bouteille en plastique.
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Les mains libres

Un sac à main, dans une foule, c’est une contrariété permanente : il glisse de l’épaule, il se coince, et tu passes la journée à le remonter. Un sac porté en bandoulière ou à la taille règle la question — tu oublies qu’il est là, et tes deux mains servent à autre chose.

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Un sac banane
Porté à la taille ou en bandoulière, il tient le téléphone, les clés, la batterie et la gourde sans qu’on y pense. Celui-ci est en bouteilles recyclées et résiste à la pluie, ce qui fin septembre n’est pas un détail.
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Manger, parce que la journée est longue

Un cortège part en fin de matinée et se disperse en milieu d’après-midi. Entre les deux, il n’y a pas de pause déjeuner : on avance, on s’arrête, on repart, et les commerces du parcours sont souvent fermés. Vers deux heures, la faim arrive d’un coup, avec la fatigue et la mauvaise humeur qui vont avec.

Une barre au fond de la poche règle ça. Ce n’est pas un repas, c’est ce qui évite le coup de barre.

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Des barres à glisser dans la poche
Des fruits et des noix pressés, sans sucre ajouté, sans gluten — myrtille. Elles ne fondent pas, ne s’écrasent pas, et tiennent des mois dans un sac : tu en oublieras une au fond d’une poche, et elle te sauvera un autre jour.
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La petite trousse

On revient aux chaussures. Même les bonnes, portées six heures d’affilée, finissent par frotter quelque part. Un pansement posé à temps évite l’ampoule ; posé trop tard, il ne fait plus rien.

Et une trousse sert aussi aux autres. Dans une foule, quelqu’un finit toujours par se tordre la cheville ou s’ouvrir le doigt, et celle qui a des pansements devient très populaire.

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Une trousse de premiers secours
Quatre-vingt-dix pièces aux normes CE, sous emballage stérile : pansements, bandages, compresses, garrot, couverture de survie et un manuel. Elle tient dans une poche et se glisse aussi bien dans la voiture que dans un sac de randonnée.
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Le foulard et les lunettes

Fin septembre, le soleil tape encore de côté toute l’après-midi, et une manifestation se passe dehors, sans un mètre d’ombre. Des lunettes de soleil, ce n’est pas de la coquetterie quand on marche face au soleil pendant trois heures.

Le foulard, lui, sert à tout : sur les cheveux quand le vent se lève, autour du cou quand le soleil tourne, sur les épaules quand la température tombe en fin de journée. Il ne pèse rien et il tient dans une poche.

UNE PRÉCISION QUI COMPTE : En France, dissimuler son visage dans une manifestation, ou à ses abords, est un délit — article 431-9-1 du code pénal. Le foulard se porte donc sur les cheveux, au cou ou sur les épaules, jamais en cagoule.
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Un chèche en coton
Cent dix centimètres de coton sur cent dix, à nouer comme on veut. Le genre d’objet qu’on garde des années et qui finit par servir en voyage, à la plage et au bureau climatisé.
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Des lunettes polarisées
Rectangulaires, ultra légères, polarisées UV400. La polarisation coupe la réverbération du bitume et des vitrines, celle qui fatigue sans qu’on s’en rende compte — et c’est la mention UV400 qui protège, pas la teinte du verre.
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Et finalement, le sac à dos

Arrivée ici, tu auras remarqué le problème : la batterie, la gourde, les barres, la trousse, le foulard et les lunettes ne tiennent plus dans une banane. Il faut passer au sac à dos.

Pas un sac de randonnée, pas un sac d’ordinateur : le sac de quatrième, celui qu’on avait tous au collège. Il se porte sur les deux épaules, il ne pèse rien à vide, et il encaisse tout.

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Le sac à dos du collège
Vingt-quatre litres, le format qu’on ne remplit jamais complètement. Dos rembourré, tissu résistant à l’eau, une poche devant pour le téléphone et les clés. Il durera plus longtemps que la plupart de tes chaussures.
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Le reste, en vrac

Préviens quelqu’un qui n’y va pas de l’endroit où tu seras. Garde une pièce d’identité sur toi. Note le numéro d’une personne proche sur un papier, dans la poche — parce que le téléphone, lui, meurt vers 14 heures, on vient de le dire.

Et pars plus tôt que tu ne le crois nécessaire. Le rassemblement commence toujours avant l’heure annoncée, le métro le plus proche est souvent fermé, et arriver essoufflée n’a jamais aidé personne à passer une bonne journée.

Les convictions, tu les as déjà. Le reste, ce sont des chaussures et une batterie.
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